Les oubliées

avec Pauline Zenk

Avec Les oubli-é-e-s, nous questionnons la représentation photographiques des femmes noires, qui sont encore plus souvent oubliées que les femmes blanches. La relation entre l’oubli, l’archivage et le rôle de la photographie.Les mouvements sociaux d’aujourd’hui, comme par exemple le mouvement #SayHerName montrent ce déséquilibre.
Les photos proviennent de l’Institut Victor Moreira Salles pour la photographie à Rio de Janeiro et documentent un changement dans la perception : il était nécessaire que le bébé reste immobile jusqu’à ce que la photographie soit prise, et qu’une personne qu’ielles connaissaient le maintienne. Puisque, à l’époque, les bébés de la riche élite (blanche) du Brésil employaient des esclaves (ou des esclaves récemment libérées) comme nounous, c’était souvent la nourrice que l’enfant connaissait le mieux. Ainsi, vous pouvez trouver dans les archives du Brésil une série de photographies montrant des enfants blancs riches tenus pour une photo par leurs nounous esclaves. Ce moment représenté est un instant figé inhabituel d’intimité et d’affection. Cependant, vers la fin des années 1880 (fin de l’esclavage au Brésil en 1888), un racisme se développe et l’image de la femme noire, perçue comme plus inquiétante, s’efface mécaniquement au cours du développement de la photographie. Il reste donc une photo montrant un enfant blanc tenu par des bras noirs. L’effacement de l’identité de la femme étant encore effacé par le fait que très souvent son nom n’a pas été enregistré (même dans les images où vous pouvez voir son visage).
En essayant de rétablir l’égalité, les visages des enfants ont été effacés, laissant ainsi l’entremêlement des corps (des bras), mettant l’accent sur l’affection et l’intimité de deux êtres.