Le scintillement du papillon
Lilie Pinot & Pauline Zenk
Nos recherches se sont tournées vers des thèmes que nous abordions toutes deux : notre rapport à l’eau et notre immersion. Celle-ci nous à conduites à nous tourner vers la piscine comme lieu d’accès à l’eau. Étant à Toulouse, c’est naturellement que nous avons regardé de plus près l’histoire de la piscine Alfred Nakache.
Au début du siècle dernier, le rapport à l’eau des Toulousain·es s’effectuer au bord du fleuve de la ville : les bains, les bateaux-lavoirs, les bains-douches sur les péniches, les linges qui sèchent sur les quais de la Daurade… Avec l’arrivée des socialistes et de leur programme d’hygiénisation de la ville de Toulouse, le rapport à l’hygiène et à l’eau comme loisir allait changer pour les Toulousain·es : le parc des sports sur l’île du Ramier, se construit dans les années 1930. Dans ce parc, la piscine d’été voit le jour, une des plus grandes piscines de France, pour l’époque.
C’est de là que nous nous somme interrogées sur la piscine comme espace public, collectif, commun – mais également un lieu d’intimité, de nudité. Cette espace formelle de bains et de soin, cette projection, ces accès à l’eau pour les citadins : une hétérotopie (1) – un lieu hors du normal. Avec des règles différentes, des comportement acceptés (qui ne seront pas acceptés dehors) (se déshabiller etc., sauter, rester/se baigner dans la même eau, etc.) La piscine comme lieu collectif cristallise aussi des problèmes/enjeux de nos temps : la gestion du temps, le rapport au travail (le rapport entre travail et les temps libre) et le rapport entre le collectif et l’individu – l’égotisme versus l’esprit collectif et démocratique. La piscine c’est lié à des moments et étapes de la vie et les groupes qui se forment autour des différents moments de la vie : la jeunesse, les jeunes, les enfants, les familles, les couples …
Outre sa qualité visuelle et esthétique évidente : la pierre éclairée par le soleil, les reflets sur la surface de l’eau bleu vif – la piscine en tant que telle illustre une signification au-delà de sa beauté : en tant qu’espace, la piscine publique représente un arrêt du temps – un espace isolé de l’efficacité trépidante de la vie, où le temps et l’espace sont suspendus. Le scintillement du papillon, c’est une référence à Alfred Nakache, qui Détenteur du record du monde du 200 m brasse papillon en 1941mais également au scintillement de l’eau et des papillons laisser par les enfants, par jeux en allongeant leurs corps mouillées et bougeant leurs bras sur les pierres.
Dans ce même élans, d’avancées sociales, le Front populaire gagne des batailles dont en 1936, les congés payés. L’on voit alors des ouvrièr·es qui n’avais jamais vu la mer, sur les bords du littoral. Nous nous questionnons sur la démocratisation de l’espace publique et ses divisions, la question de l’union du peuple, notre rapport à la nature, de phénomènes de la nature (notre rapport aux phénomènes naturels et la domination de humains et —utilisation des humains de phénomènes naturels et le partage des ressources (comme l’eau).
1 Concept théorisé par Michel Foucault lors d’une conférence au Cercle d’études architecturales donnée en 1967,
l’hétérotopie désigne la différenciation des espaces, souvent clos ou enclavés, caractérisés par une discontinuité avec ce qui les entoure.
Cyanotypes sur coton blanc et colorés ( format : 20x30cm à 200x300cm)
©source des images : archives municipales de Toulouse





